Hpa-An, perle birmane

C’est à l’est de Rangoon, dans l’état Karen, situé non loin de la frontière thaïlandaise, que se trouve la petite ville de Hpa-An, entre fleuves rizières et formations krastiques. Petite ville tranquille, emplie d’hôtels de baroudeurs, qui invite à la découverte de la Birmanie profonde. La ville en soit n’a pas beaucoup d’intérêt mais par contre, les alentours, sont absolument fantastiques, c’est le mot. Laissez moi vous raconter tout ça.

Jour 1

Pour aller à Hpa-An, la meilleure solution est le bus de nuit. Environ dix heures de trajets, sur des routes cabossées, mais dans des véhicules relativement confortables. En plus d’être un moyen de transport pas cher en Birmanie, cela permet, lors des arrêts, de découvrir une autre facette du pays, celle des petites boutiques et restaurants le long de la route, ouverts jusqu’à très tard dans la nuit. Mais là n’est pas le sujet.

Hpa-An
La région de Hpa-An, vu d’en haut

Avec Murray, mon camarade de voyage, nous rencontrons sur le trajet un Hollandais ainsi qu’une Allemande, avec qui nous décidons de passer le week-end. Nous arrivons à Hpa-An à quatre heures du matin, les yeux complètement explosés. Arrivée tardive certes, et pourtant,  notre sortie du bus, des Birmans nous accostent, nous proposant de nous emmener à notre hôtel en scooter, moyennant quelques kyats. Première expérience avec un scooter en ce qui me concerne. Et pas forcément la mieux ! En pleine nuit, avec des chauffeurs birmans et deux sacs, bref, de quoi stresser un peu. Mais au moins c’était rapide.

Nous arrivons à l’hôtel quelques minutes plus tard, sans encombres. A nous une bonne nuit de sommeil, enfin c’est vite dit. Levé assez tôt, afin de ne pas louper le petit déjeuner, préparer nos affaires et louer nos bécanes le plus rapidement possible. Je prends un scooter automatique, car je ne sais pas faire de la moto. Le temps d’apprendre à utiliser l’engin, et d’attendre le Hollandais et l’Allemand, et c’est parti ! Nous suivons la route pour sortir de Hpa-An. Et nous prenons la direction de la grotte  Yathei Pyan.

Sur le chemin, parfois de goudron, parfois de terre, nous traversons des paysages magnifiques, avec vu sur les montagnes, ou tout simplement sur les forêts environnantes, semblables à des jungles. Parfois, quelques maisons en bois ou en béton apparaissent, comme si elles n’avaient rien à faire là. Mais également quelques bâtiments plus imposants, des écoles. un panneau indique d’ailleurs « école informatique de Hpa-An ». En plein milieu de la cambrousse ? Pourquoi pas après tout. Nous avons même la chance de trouver un terrain de foot très sommaire, où se disputait un match endiablé, suivit par les habitants des environs. Puis, après plusieurs dizaines de minutes de routes, nous arrivons enfin à la grotte Yathei Pyan.

Hpa-An
A l’intérieur de la grotte de Yathei Pyan

On y accède par une rangée de marches, et il faut bien sûr enlevé ses chaussures avant. La grotte renferme des dizaines de Bouddhas, grands ou petits, certains étant couchés. La grotte continue sous la montagne, et il faut s’enfoncer dans des tunnels profonds et sombres, sinistres, dont le silence est seulement troublé par les bruits des chauves-souris. Mais au bout, le spectacle vaut la peine. Comme une petite estrade aménagé, qui donne une vue fantastique sur les rizières baignées de soleil. Une récompense bien méritée.

Puis, nous retournons à nos bécanes. mais avant de repartir, nous achetons du maïs à des petites mamies du coin, pour nourrir quelques singes. Et nous reprenons la route direction la grotte de Saddam. Après les routes goudronnées, nous arrivons sur de vrais chemins de terre, complètement perdu au milieu des rizières, au milieu de nulle part. La progression se fait parfois lente, à cause de la poussière qui recouvre notre peau ainsi que les visières de nos casques. Mais parce qu’un troupeau de vaches nous barre la route, le fermier derrière, le dirigeant tant bien que mal. Une nouvelle fois, nous tombons sur des maisons perdues sur le chemin. Mais si nous ne sommes qu’à vingt ou trente kilomètres de la ville, la civilisation, la modernité, paraît être à une éternité de distance, voire inexistante. Les enfants arrêtent de jouer en nous voyant, et se précipitent vers nous, courant derrière les motos. Ils crient des mots en birman, que malheureusement nous ne comprenons pas.

Hpa-An
Sur le chemin de la grotte de Saddam

Puis c’est l’arrivée à la grotte de Saddam, encore plus impressionnante que la précédente, plus immense, avec moins de Bouddhas, mais plus massifs. Une nouvelle fois, nous la traversons pour rejoindre l’autre côté de la montagne. Nous arrivons devant une sorte de lac. Des bateliers nous attendent, et nous invitent à monter dans leurs embarcations. Nous traversons les rizières en bateau, dans un calme reposant, avec le soleil qui se couche au-dessus des rizières. Et c’est le retour au point de départ.

Et après un arrêt thé dans une petite gargote du coin, nous reprenons la route de Hpa-An, afin de profiter d’un bon repas et d’un bon lit.

Jour 2

En fait, on a pas profité beaucoup du lit. Levé à trois heures du matin, pour reprendre les bécanes dans la nuit et le froid. Direction le mont Zwegabin, le plus au sommet de la région, qui culmine à 723 mètres d’altitude. Mais pourquoi aller là-bas de si bonne heure ? Et bien pour le levé de soleil ! Nous arrivons au pied de la montagne vers quatre heures. Le bruit de nos motos réveille le gardien, qui, même si il encaisse sans broncher le prix d’accès, semble nous maudire de le réveiller si tôt. Enfin bref, nous commençons l’escalade de la montagne. 4000 marches, dont certaines ne méritent même pas ce nom. 4000 marches et près de deux heures plus tard, nous arrivons enfin au sommet de la montagne, où se tient une pagode ainsi qu’un monastère. Pile à temps, car le soleil commence à se lever. Un superbe spectacle. Des couleurs magnifiques se répandent dans les rizières, entre les montagnes. Un levé de soleil comme il est possible de n’en voir qu’un dans sa vie. Après le petit déjeuner au monastère, nous redescendons de la montagne, afin de retourner sur Hpa-An et se restaurer un peu.

Hpa-An
Levé de soleil au-dessus du Mont Zwegabin

L’après-midi, Murray nous a entraîner sur des routes serpentant entre les montagnes, en plein milieu de la jungle. Et nous arrivons face au monastère de Kyauk Kalak (ou Kyauk Kalap), un édifice construit sur une petite île au milieu d’un lac artificiel circulaire. Ce qui frappe avec ce site, c’est l’étrange piton rocheux d’un cinquantaine de mètres de haut, qui semble se soustraire aux lois de gravité. En son sommet, on y découvre un petit stupa doré qui domine la vallée. C’est là que nous rencontrons un moine, ma foi fort sympathique, qui échange avec nous pendant quelques minutes, pour nous expliquer un plus en détails la religion bouddhiste. Et le soleil commence à se coucher. Et il nous faut nous dépêcher pour nous rendre à notre prochain objectif.

Le soleil est de plus en plus bas, et il nous faut nous dépêcher. Nous devons aller à une troisième grotte (encore une !) pour assister à un spectacle unique dans la région. Près des rives du fleuve Thanmwyn, se trouve la Bat-Cave (véridique), une grotte qui abrite pas moins de 300.000 chauves-souris, qui, tout les jours, s’envolent au moment du coucher du soleil. Le spectacle dure près de vingt minutes, ça ne semble pas se finir. Et finalement, tout s’arrête aussi soudainement que c’était arrivé.

Hpa-An
La vue sur le fleuve Thanlwyn, depuis un piton rocheux près de la Bat-Cave

Et nous retournons vers Hpa-An, afin de préparer nos affaires et de prendre le bus du retour vers Rangoon. Ce petit week-end dans la campagne birmane a été génial. Hpa-An est vraiment un endroit incontournable de la Birmanie

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