Le chinlone, sport-roi de Birmanie

Le chinlone, comme on l’appelle en Birmanie, (ou Sepak Takraw) voilà un sport bien particulier. Ce sport trouve ses origines dans l’Asie du XIème siècle et est très prisée de la population, de part son aspect avant tout conviviale, mais également pratique (seul un filet et une balle sont nécessaires).

Au fil du temps, le sport a beaucoup évolué, à tel point qu’il a aujourd’hui sa fédération internationale, l’International Sepak Takraw Federation, ainsi que sa compétition, la King’s Cup World Sepak Takraw Championship. La Birmanie est la cinquième nation mondiale dans ce sport en terme de médailles rapportées lors des compétitions, avec 9 d’argents et 10 de bronze.

Un sport convivial

Les mots asiatiques de « sepak » et « takraw » peuvent respectivement se traduire par « coup de pied » et « balle tressée ». C’est donc, comme son nom l’indique, un sport qui se joue avec une balle. Vieux de plusieurs centaines d’années, il est très populaire en Asie du Sud-Est, et reste méconnu en Europe, malgré le développement de clubs toujours plus nombreux.

Il voit s’affronter deux équipes séparées par un filet en se lançant une balle tressée. Traditionnellement en rotin, la balle est aujourd’hui fabriquée avec du plastique. Elle mesure une quinzaine de centimètres de diamètres pour un poids de deux cents grammes environ. Comme le nombre de joueurs n’est pas fixe, tout le monde peut entrer sur le terrain, dans l’équipe de son choix. Du moins, pour les matchs amateurs.

Chinlone
On joue au chinlone vraiment partout en Birmanie.

Chaque joueur doit tenter de maintenir la balle en l’air le plus longtemps possible, seulement grâce à ses pieds et ses genoux. Au chinlone, l’utilisation des mains est interdite. Il n’y a pas de limite de temps. C‘est la première équipe à atteindre 21 points qui remporte le match. La première véritable compétition de chinlone s’est déroulée en 1969, en Birmanie. Il fait maintenant parti des disciplines officielles des South East Asian Games, sortes de jeux olympiques sud-asiatiques dont la première édition a eu lieu en 2013.

Mais ce n’est pas la finalité du sport qui est intéressante, c’est plutôt la manière dont il est joué. Pour les yeux d’observateurs occidentaux, le chinlone apparaît comme un hybride de football, de volley et de kung-fu (ou de tout autre sport de combat), un véritable spectacle de danse où les acrobaties s’enchaînent les unes après les autres avec agilité et précision.

Il se distingue des autres jeux de même nature par ses coups de pieds hauts, ses touches rapides et délicates qui donnent l’impression que les joueurs sont en fait de véritables de danseurs de ballet. En Birmanie, c’est le sport-roi. On le joue partout, même dans la poussière des rues. Et on lui prête des vertus méditatives, de part la grande concentration qu’il requiert. 

Regarder un match de chinlone est donc quelque chose d’assez fascinant. En plus de démontrer leur agilité dans toutes sortes de figures stupéfiantes, les joueurs font également la preuve de leur force et de leur talent de jeu. Ainsi, il n’est pas rare de voir les deux équipes s’envoyer la balle à des vitesses stupéfiantes, parfois à plus de cent cinquante kilomètres par heure pour essayer de marquer un point.

Chinlone
N’importe quel endroit, n’importe quel moment est propice à une partie de chinlone.

Le chinlone est également un sport qui est vecteur de valeurs très fortes. C’est un sport qui fait la promotion de la convivialité et de l’entraide entre les joueurs d’une même équipe. L’esprit de communauté, valeur très forte pour les habitants des pays asiatiques, est la base de ce sport. Chacun a besoin de l’autre pour pouvoir avancer et gagner. La compétition, dans les villages où le jeu continuer à être pratiquer, n’est pas la priorité, et on vise plutôt le plaisir du jeu collectif. La convivialité et la solidarité sont deux valeurs fondamentales de ce sport.

Pourtant, le chinlone est menacé de disparition dans les campagnes, alors qu’il de plus en plus populaire dans les villes. La cause de ce déclin, la mondialisation. Le chinlone est de plus en plus considéré considéré comme un sport « ringard » par les jeunes générations, qui lui préfèrent le football. Sport qui, en plus de susciter l’intérêt des jeunes, attire également l’attention des élites politiques et économiques du pays. Le football représente le train de la modernité, qu’il ne faut surtout pas rater.

Mais le chinlone a encore de beau jours devant lui, toujours considéré comme une part importante de la culture birmane.

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