Journalisme au Sri Lanka : une liberté à construire

Comme d’autres pays en cours de développement à la fois politique et économique, le Sri Lanka tente de se donner une image d’Etat respectueux de la liberté de la presse et des journalistes. Plusieurs mesures ont été prises en ce sens, mais beaucoup reste à faire.

Car le pays a une longue tradition en matière de répression de liberté de la presse, que subissent tout les jours les journalistes. On compte ainsi pas moins de trente journalistes sri lankais qui ont perdu la vie depuis 2005 dans l’exercice de leur métier, selon les statistiques de l’ONU en 2013. On dénombre aussi l’attaque et l’interdiction de plusieurs médias anti-gouvernement, toujours depuis 2005. Mais ceux qui souffrent le plus, ce sont les journalistes d’origines tamoul, l’une des deux ethnies principales de l’île, qui a été l’un des deux belligérants de la guerre civile qui a ravagé le pays pendant de nombreuses années. Ainsi, en 2014, des journalistes tamouls se sont fait agressés en se rendant à Colombo, la capitale, pour suivre une formation à l’Institut de Presse. Les journalistes tamouls sont doublement victimes de la répression du pouvoir sri lankais, car ils dénoncent les agressions de l’armée à l’encontre de leur communauté, des agressions qui n’ont pas cessé malgré la fin de la guerre entre l’Etat et les séparatistes tamouls, en 2009. Depuis la fin de la guerre, l’Etat sri lankais et le gouvernement essaient de museler cette presse, qui essaie de dénoncer les multiples atteintes au droit, notamment au droit de s’assembler, aux droits humains. L’armée est également accusée de crimes par la presse, notamment de viols commis sur des enfants.

Malgré tout, depuis l’arrivée au pouvoir en 2015 d’un nouveau gouvernement, certains progrès ont eu lieu. Le nouveau président, Maithripala Sirisena, a affirmé vouloir rouvrir toutes les enquêtes des crimes commis contre les journalistes. Si des avancées ont été enregistrées dans le cas de Lasantha Wickrematunga, assassiné en janvier 2009, la quasi-totalité des meurtres de journalistes restent impunis. Le nouveau gouvernement affirme cependant que la profession n’a plus à craindre de représailles pour ses prises de position politique et ses articles sur les sujets sensibles, tels que la corruption et les exactions commises par les militaires. Néanmoins, les attaques répétées contre le journaliste Freddy Gamage, en juin 2016 puis au début de 2018, laisse les populations locales et les défenseurs de la liberté de la presse méfiants. Les médias tamouls, cibles privilégiées des attaques et de la censure des autorités, y compris après la fin officielle de la guerre civile en 2009, restent sur leurs gardes. En mars 2016, le ministère des Réformes parlementaires et des Médias de masse a ordonné à tous les sites d’information de s’enregistrer sous peine de tomber dans l’illégalité. Une directive vague et disproportionnée qui a immédiatement rappelé à la presse et aux citoyens-journalistes le régime de censure instauré par l’ancien président.

Sources :

 

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