Le trek entre Kalaw et Inle, trois jours dans la montagne birmane

La Birmanie est un pays qui regorge de paysages fantastiques. Et la meilleur manière de s’en rendre compte, c’est de faire un trek. Le pays en compte des dizaines, que ce soit dans le nord ou au sud, dans les montagnes ou la jungle. Aujourd’hui, je vais vous parler de l’un des plus célèbres, celui que l’on peut faire entre la petite ville de Kalaw, perchée dans les montagnes et la brume, et le Lac Inle, le second plus grand lac d’eau douce de Birmanie, et l’un des lieux les plus touristiques.

Trek entre Kalaw et Inle
Marcher le long des rizières

Arrivée et visite de Kalaw

Pour rejoindre la petite ville de Kalaw, il n’y a qu’une seule solution : prendre le bus. Je l’ai pris depuis Yangon, un mercredi soir, pour une somme assez modique, une dizaine d’euros tout au plus. Pas cher certes, mais long, très long. Six cents kilomètres à parcourir, un trajet de douze heures en moyenne, sur des routes qui ne sont pas forcément en bonne état, et de nuit en plus ! Mais ce n’est pas grave, c’est l’aventure, et ça permet de rencontrer des gens, de discuter. Bref, le bus arrive en pleine nuit, à quatre heure du matin à Kalaw. Et pourtant, quand je descends, au moins trois motards sont là, à attendre les touristes pour les conduire à leur hôtel, moyennant une petite compensation financière, bien entendu. La chambre que j’ai réservée n’est qu’à quelques centaines de mètres, mais la fatigue a raison de moi, et je décide de monter sur une moto. En arrivant, le réveille malheureusement l’employé qui s’occupe de l’accueil, mais qui m’ouvre quand même ma chambre. Chambre que je dois malheureusement quitter le lendemain, à cause d’un problème de réservation. Tant pis.

Trek entre Kalaw et Inle
Visite de Kalaw, et arrêt à la gare

Le lendemain, je prends mon petit déjeuner tranquillement, en réservant une autre chambre, que je rejoins un peu plus tard dans la matinée. C’est une auberge de jeunesse, située un peu à l’écart du centre ville, mais tenue par une dame fort sympathique, qui se doute rapidement de mes attentions, et vient donc me parler des possibilités de trek. Elle me décrit les différends chemins qu’il est possible de prendre, puis, le choix, me dit qu’elle va s’occuper de tout, de trouver un organisme et un guide.Je décide de lui faire confiance, et je ne l’ai pas regretter par la suite. Ça, c’était le jeudi, et le départ pour le trek est prévu le lendemain. je décide donc de passer le temps en visitant Kalaw. C’est en fait une sorte de petite station balnéaire, qui était très prisée par les Britanniques au temps de la colonisation, et qui venaient pour s’y reposer. Malgré cela, l’endroit a gardé un aspect très typique et folklorique, avec ses maisons bringuebalantes, ses marchés et ses petits restaurants. J’ai d’ailleurs mangé dans l’un d’eux le jeudi midi, avant de continuer ma balade, un bon plat de nouilles pour bien se remplir l’estomac, comme d’habitude pour deux euros à peine. Bref, le jeudi, la veille du départ pour le trek, était plutôt une journée tranquille, de détente, afin de reprendre des forces.

Trek entre Kalaw et Inle
La récolte du piment, dans l’Etat Shan

Trois jours loin de tout

1er jour

Lever assez tôt en ce vendredi, pour avoir le temps de préparer un petit sac avec le strict nécessaire pour les jours qui vont suivre, de prendre un petit déjeuner et de payer la nuit. Tout cela fait, une camionnette vient me chercher vers huit heures du matin. Trois personnes, des occidentaux, sont déjà dedans. Je monte avec eux à l’arrière, et la camionnette nous emmène vers le point de rendez-vous. Nous sommes les derniers à arriver. Je paye les 40.000 kyats (25 euros) que coûtent le trek, et les organisateurs me déchargent de mon gros sac de voyage, qu’ils vont eux-mêmes apporté jusqu’au point d’arrivée, à savoir le Lac Inle, à 50 kilomètres à vol d’oiseau. Je fais la rencontre de ceux qui vont partager avec moi ces trois jours de marche en pleine nature. Et ils viennent de partout. Beaucoup d’Europe, mais aussi de Chine, de Singapour et même d’Afrique du Sud. Un beau melting-pot-, et je suis le seul à parler français, voilà qui va me permettre d’améliorer notre anglais. Nous rencontrons notre guide, un homme d’une trentaine d’année, originaire d’un village dans les montagnes, village dans lequel un arrêt est prévu pour une nuit d’ailleurs.

Trek entre Kalaw et Inle
L’un des villages dans lequel nous nous sommes arrêtés

Et c’est le départ. C’est parti pour trois jours et soixante-dix kilomètres de marche. Notre guide commence par nous faire sortir de la ville, puis nous commençons à emprunter de petits chemins le long des rizières, dans la forêt. La marche est pour le moment relativement facile. Les sentiers sont bien délimités, et pas trop rocailleux ou encombrés, ça manque peut être d’un peu de difficulté. Nous marchons toute la matinée, avant d’arriver dans un petit village perdu dans la montagne, presque vide, à part quelques enfants qui jouent au ballon et qui rigolent en nous voyant arriver. Là, notre guide nous emmène chez l’un des habitants, chez qui on doit manger. l’occasion de reprendre des forces, et de s’approvisionner en eau. Nous restons chez l’habitant pendant une petite heure, le temps de déguster de très bonnes nouilles, et de discuter un peu avec lui. Puis nos repartons pour un après-midi de marche. Notre guide décide de quitter les sentiers et de nous faire suivre une voie ferré jusqu’à un autre village, plus loin, afin de reprendre une route de terre. Nous marchons encore plusieurs kilomètres. Nous rencontrons des habitants de la région, qui rigolent à notre passage, essayent de discuter avec nous. Et enfin, en fin de journée, nous arrivons dans le village où l’on doit passer notre première nuit, à quinze dans une seul pièce. C’est le moment de prendre une bonne douche froide, un bon repas et de se reposer. Fun fact : la personne qui nous héberge ce soir là est en fait la mère de notre guide !

Trek entre Kalaw et Inle
Encore et toujours des paysages sublimes

2ème jour

Nous repartons très tôt le lendemain, car la route à couvrir est encore longue. Après un bon petit déjeuner birman, à base de pois et de café, nous reprenons la route. Nous traversons encore des paysages de collines sous un soleil de plomb, sous une chaleur difficilement supportable par moment. Mais, nous arrivons finalement dans un autre village, où nous assistons à un événement particulier : un mariage a lieu, et nous sommes tous invité. Nous restons donc une bonne heure, à manger avec les invités au mariage, à observer les coutumes birmanes. Puis, avant de repartir, nous faisons le plein de grandes galettes de riz, au cas où l’un d’entre nous aurait un petit creux sur la route. Nous marchons encore deux heures, avant d’atteindre un autre village (et oui, encore) perché sur une colline, entouré de bambous, colline qui est elle-même entourée de champs de piments, rouges sous le soleil. C’est là que nous prenons le petit déjeuner, et que nous nous reposons un peu Au final, nous restons même plus longtemps que prévu, car une pluie torrentielle nous surprend. Mais le beau temps revient rapidement, et notre guide nous fait reprendre la route vers un regroupement de pagodes en ruines, en plein milieu de la jungle, un endroit digne des aventures d’Indiana Jones.

Trek entre Kalaw et Inle
Pagodes perdues dans la jungle

Nous parcourons encore une vingtaine de kilomètres durant l’après-midi de ce deuxième jour, avant d’arriver, juste avant le couché du soleil, dans un petit hameau, là où nous devons passer la nuit. Un repas énorme, aux plats divers nous est encore servis, puis s’en suit une petite veillée au coin du feu, avec un birman qui joue de la guitare et qui nous hante des chansons, afin de terminer cette nouvelle journée de la meilleure des manières.

3ème jour

Et c’est parti pour le dernier jour de cette formidable aventure. Comme la veille, lever très tôt, petit-déjeuner et hop ! C’est reparti. Cette fois, nous quittons rapidement les petits sentiers, et nous marchons le long d’une route poussiéreuse et caillouteuse pendant une bonne partie de la matinée, avant de reprendre les petits chemins entre les chants et les montagnes. C’était peut-être, à ce moment là, la partie la plus difficile de ce trek. Les sentiers devenaient de moins en moins praticables, et il y avait souvent de gros rochers qu’il fallait escalader pour pouvoir continuer, mais bon, rien de bien compliqué.

Puis, alors que nous n’étions plus qu’à quelques kilomètres du fameux lac, la pluie commençât à tomber, assez fort en plus, et nous avons dû finir le trajet dans des conditions peu agréables. Heureusement, nous n’avions plus beaucoup de route à parcourir, et, vers le début de l’après-midi, nous sommes finalement arrivés sur les rives du Lac Inle. Nous avons pris une sorte de pirogue, longue et profonde, pour le traverser jusqu’à la ville de Nyaung Swhe, la principale bourgade la région, et notre destination finale. C’était donc la fin de ce trek.

Trek entre Kalaw et Inle
Le couché de soleil, par-dessus les rizières

Que retenir de cette aventure ? Et bien, je pense que c’est la partie de mon voyage en Birmanie que j’ai le plus appréciée. Non seulement parce que c’était une plongée dans la Birmanie profonde, et aussi parce que c’est une fabuleuse balade dans une nature sublime, loin du tumulte des grandes villes comme Yangon. Loin et fatiguant par moment, mais aussi, paradoxalement, assez relaxant.

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